En 1990, Hydrogas achète une participation dans la société publique Ceylon Oxygen Company Ltd au Sri Lanka. Cette acquisition relève plus de la chance que d’une stratégie clairement planifiée, mais elle illustre parfaitement la façon dont laquelle le secteur des produits chimiques industriels de Hydro a su exploiter les opportunités du marché lorsqu’elles se sont présentées.
Logiquement, une certaine incertitude et un certain scepticisme régnèrent au Sri Lanka à l’annonce de la nouvelle : une société étrangère que peu connaissaient rachetait Ceylon Oxygen Company, située aux abords de la capitale, Colombo.
Le gouvernement sri lankais avait commencé la nationalisation de toutes les industries à capitaux étrangers dans les années 1970, dont Ceylon Oxygen, à l’époque aux mains des britanniques. La nationalisation n’était cependant pas particulièrement lucrative ; la Banque Mondiale intervint alors avec un certain nombre d’exigences et une liste des sociétés qui devaient être privatisées. L’une d’elles était Ceylon Oxygen.
A cette époque, le directeur de Hydrogas, Jon Reutz, rencontra un homme d’affaires intéressé par Ceylon Oxygen lors d’une conférence à Oslo. Peu de temps après, Jon Reutz et son collaborateur Alvin Rosvoll s’envolaient pour Colombo.
Du rouge au noir
Le scepticisme se dissipa à mesure que les investissements affluaient et que les usines se modernisaient. Øystein Rødseth prit les rênes, et les chiffres passèrent du rouge au noir. Mais il dut relever plusieurs défis de taille. L’un d’eux consistait à réduire l’effectif.
Les employés se virent proposer un plan de départ volontaire en échange d’une importante compensation, mais c’est au final la société qui décida du personnel éligible à cette mesure. « Nous voulions garder les meilleurs talents. Les autorités saluèrent par la suite la façon dont a été gérée la réduction du personnel par le biais d’un système de volontariat », se rappelle Rødseth.
Des actions populaires
Les autorités fixèrent également les modalités de distribution des actions de sorte que Hydro conserve 60 %, 10 % soient mis à la disposition des employés et 30 % soient proposés au public. L’émission d’actions a été sursouscrite plus de cinq fois et l'action de Ceylon Oxygen devint l’une des plus populaires de la bourse de Colombo.
Voilà comment Rødseth explique le succès de Hydrogas dans le rachat de Ceylon Oxygen : « Des améliorations furent apportées dans tous les domaines. Les frais financiers et d’assurance furent réduits, de même que les effectifs, et la productivité fut considérablement accrue. La société renoua avec le profit et n’y dérogea plus par la suite. »
Le département marketing est le seul à avoir été développé. Sous la précédente direction, et particulièrement celle de l’état, le personnel commercial n’avait qu’à attendre que les clients les contactent. Cette situation n’était possible qu’en situation de monopole. Cependant avec l'avènement de Hydrogas, chaque membre du personnel fut impliqué dans la croissance de la société et l’amélioration du service et de la distribution.
Le principal client de la société était Columbo Dockyard, grand consommateur de gaz de soudage. L’industrie agroalimentaire (depuis les grandes brasseries jusqu’aux sociétés de restauration et exportateurs de poisson) avait également besoin de gaz ; tout comme les hôpitaux qui nécessitaient des gaz médicaux.
Expansion
Les usines les plus critiques sont celles qui produisaient l’oxygène et l’azote. Vieilles de 50 ans, elles souffraient de standards médiocres, d’une maintenance irrégulière et d’une production peu fiable.
En 1998, Hydrogas ouvrit une nouvelle usine de séparation d’air d’un montant de 50 millions de couronnes norvégiennes. Cette nouvelle usine joua un rôle prépondérant dans l’accroissement de la capacité de production de Ceylon Oxygen en termes d’oxygène et d’azote. La capacité de production doubla, passant à 1 000 mètres cubes d’oxygène et d’azote par heure. Des opportunités se présentèrent également dans la vente de produits liquides pour les nouvelles technologies.
Ceylon Oxygen était perçue comme une entreprise innovante et audacieuse. La société s’était déjà forgé une solide réputation localement, et au fil des années enregistra de bons résultats sur un marché difficile.
Plus d’usines
Hydrogas se développe également de l’autre côté de l’Océan Indien, par le rachat d’une nouvelle usine de dioxyde de carbone à Terengganu sur la côte est de la Malaisie. L’usine, qui ouvre ses portes en mars 1999, fournit du dioxyde de carbone pour l’industrie agroalimentaire et l’embouteillage de boissons gazeuses. Le dioxyde de carbone utilisé comme matière première est fourni par Petronas.
Lorsque Hydro Asia Pacific acquiert 50 % de la nouvelle usine de CO2 de Santa Morrison en Thaïlande, Hydrogas se charge de la gestion d’un réseau de production et d’approvisionnement de CO2 liquide.
Le marché en Thaïlande a progressé rapidement et est désormais aussi important que le marché français. La part de marché de Hydro dépasse les 10 % et l’entreprise se spécialise dans la congélation de crevettes tigres.