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En norvégien, Yara signifie une bonne récolte et une bonne année

La reprise

L’armée allemande, la Wehrmacht, capitula le 8 mai 1945. Le directeur général de Hydro, Bjarne Eriksen, était à cette époque emprisonné dans les geôles allemandes, officiellement en tant qu’officier mais réellement en tant que prisonnier politique. Eriksen était très désireux de rentrer chez lui et de se remettre au travail dès que possible.

Historical image, factory

La période d’emprisonnement d’Eriksen est décrite dans un livre de Kristian Anker Olsen publié dix ans plus tard, à l’occasion du 50è anniversaire de Hydro.


Un camp d’officiers américains se situait à proximité du camp des officiers norvégiens. Eriksen n’eut pas de mal à convaincre les Américains qu’il était un prisionnier civil et politique. Il leur expliqua combien il était important pour lui de se rendre à Londres le plus rapidement possible pour rencontrer les autorités norvégiennes et alliées, et prendre toutes les dispositions nécessaires au nouveau départ de Norsk Hydro en tant que société d’exportation norvégienne libre laquelle, de par son secteur d’activité, pouvait jouer un rôle prépondérant dans la reprise économique de la Norvège et de l’Europe de l’Ouest. Le directeur général de Hydro fut ainsi relâché et put se remettre au travail plus rapidement que prévu.


Le 1er juin 1945, Bjarne Eriksen était à nouveau à la barre de Hydro. La tâche à accomplir était grande. La société avait subi d’importants dégâts pendant la guerre. La reconstruction avait commencé mais il restait encore beaucoup à faire. Les dommages causés par le bombardement avaient été évalués à 23,7 millions de couronnes norvégiennes (l’équivalent de 3 millions d'euros au cours de 2003).


Remettre de l’ordre avant de reconstruire
Les travaux de reconstruction coûtèrent au final 50 millions de couronnes norvégiennes (l’équivalent de 6 millions d’euros au cours de 2003). Hydro disposait d’une assurance – couvrant les dommages de guerre – mais dut néanmoins régler un tiers de la facture. Le chiffre d’affaires annuel de la société après 1945 avoisinait 150-200 millions de couronnes norvégiennes (l’équivalent de 18-25 millions d’euros).


Il était par ailleurs nécessaire de régler les questions afférentes aux droits de propriété et d’autres problèmes complexes découlant de la guerre : émission d’actions forcée en 1941, confiscation d’actions, paiements compensatoires, etc. Dans ce contexte, l’Etat prit une participation de 46 % dans Hydro. Nombre de décisions formelles furent entérinées lors de l’assemblée générale annuelle de la société en 1946.

Et de se développer
Juste après la guerre, le monde fit face à une importante surproduction d’azote. La direction de Hydro pensait cependant que la demande allait augmenter et que, sur le long terme, il valait mieux être un gros producteur qu’un petit. Dans la deuxième moitié des années 1940, la production d’azote augmenta en Allemagne de l’Est et de l’Ouest, mais également aux Etats-Unis. Les risques inhérents à l’expansion des capacités étaient considérables.


Cependant, Hydro estimait que l’énergie hydroélectrique lui conférait un avantage considérable. La société décida donc de se développer.
De nouveaux projets furent mis en œuvre : accroissement de la production d’azote, accroissement de la production d’engrais complexes (NKP), construction d’une nouvelle usine pour la production de sel de déverglaçage et construction d’une nouvelle usine pour la production d’acide formique. Parmi les autres projets figuraient la construction d’une usine de production d’engrais à Glomfjord dans le nord et d’usines de production de magnésium et de polychlorure de vinyle (PVC) à Herøya.


Evidemment, cette nouvelle expansion nécessitait des investissements mais dans l’ensemble la situation financière de Hydro était satisfaisante. Même pendant les années de guerre, la société était plus que rentable, à l’exception de l’année 1943/44 qui fut particulièrement dramatique. La société était solvable et même en mesure de financer par elle-même une grande partie de ses investissements.


La croissance grâce à l'énergie
Hydro avait facilement accès à l’énergie hydroélectrique, ce qui facilita sa croissance industrielle. Pendant les années de guerre, un nouveau projet avait été lancé, visant au développement du lac Mårvatn, situé à 1200 mètres au-dessus du niveau de la mer et à environ 80 kilomètres à l’est de Rjukan. Hydro voyait désormais en ce projet une belle opportunité de développement.


Mårvatn était aux mains de l’état depuis la fin de la guerre. Mais dès l’été 1945, un accord fut signé pour stipuler que Hydro couvrirait les coûts d’exécution du projet dans leur intégralité. Un accord plus vaste fut signé avant la fin de l’année. L’expansion industrielle dans le comté de Telemark pouvait commencer.

Un profit de 40 %
Les dix années qui suivirent la Seconde Guerre mondiale furent remarquables dans tous les sens du terme. La société procéda à d’importants investissements, la production augmenta, le chiffre d’affaires s’envola, passant de 120 millions de couronnes norvégiennes (15 millions d’euros au cours de 2003) pour l’exercice 1945/46 à environ 400 millions de couronnes norvégiennes (50 millions d’euros au cours de 2003) pour l’exercice 1954/55. Le chiffre d’affaires total pendant cette période était de 2 milliards de couronnes norvégiennes (environ 250 millions d'euros au cours de 2003). Le profit d’exploitation était d’environ 840 millions de couronnes norvégiennes (environ 100 millions d’euros au cours de 2003). Il va sans dire que la couronne suédoise valait beaucoup plus que ce qu’elle ne vaut aujourd’hui.


Le nombre d’employés passa de 2 500 en 1945 à environ 5 000 en 1955. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Ces années furent synonymes de grande expansion et de hauts revenus, tant pour la société que pour les actionnaires.


Ces dix années d’expansion et le nouveau programme de construction qui débuta en 1945 nécessitèrent un investissement de 600 millions de couronnes norvégiennes (l’équivalent de 74 millions d’euros au cours de 2003). Cela équivalait à deux fois le montant investi au cours des 40 années précédentes.

Ces investissements concernaient principalement les domaines suivants :

  • Installations hydroélectriques et autres à Rjukan

  • Nouvelles usines à Glomfjord

  • Extension des usines d’ammoniac à Rjukan en rapport avec les extensions à Herøya pour le traitement de l’ammoniac de Rjukan et Glomfjord

  • Finalisation et début de l’exploitation de l’usine de magnésium à Herøya

  • Nouvelle usine de production de PVC à Herøya

  • Usine d’engrais NPK à Glomfjord

  • Améliorations de l’efficacité opérationnelle

  • Nouvelle usine d’ensachage et atelier central à Notodden

  • Prestations sociales, etc.

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