France

En norvégien, Yara signifie une bonne récolte et une bonne année

Un jour mémorable – le 2 décembre 1905

La création officielle de Norsk Hydro aurait dû avoir lieu plus tôt mais ses fondateurs étaient des hommes affairés aux emplois du temps difficilement conciliables. Les papiers ont finalement été signés le 2 décembre 1905 dans le bureau de Sam Eyde à Christiania (aujourd’hui Oslo). La société a été baptisée Norsk hydro-elektrisk Kvælstofaktieselskab, renommée ultérieurement Norsk Hydro ou simplement Hydro.

Plusieurs détails pratiques ont immédiatement été réglés. La société serait dirigée par un conseil d’administration franco-scandinave – huit membres du conseil et un directeur général. Sam Eyde fut élu directeur général pour 10 ans. Sam Eyde, Marcus Wallenberg, élu président du conseil d’administration, et le Français Edmond Moret étaient les trois figures de proue de la jeune société.

Une société à la fois scandinave et européenne
Le capital social s’élevait à 7,5 millions de couronnes norvégiennes (l’équivalent de 1 million d’euros au cours de 2003). La banque suédoise Enskildabanken of Stockholm possédait la moitié du capital, seuls 8 % des actions étaient détenus par des Norvégiens. La nouvelle société avait élaboré les brevets nécessaires à la protection de son processus et fait une demande de dépôt dans 25 pays. Les investisseurs français avaient également demandé à ce que la nouvelle société mette une option sur la cascade de Rjukan. L’une des conditions essentielles à la prospérité future de la société était alors satisfaite.


La création de la société eut un grand retentissement. Eyde et Birkeland firent ainsi partie des invités d’honneur lors de l’ouverture de l’Institut de Technologie et de Chimie de Berlin. A cette occasion, Dr. Otto Witt, un chimiste renommé qui travaillait depuis longtemps sur l’azote, fit sa première présentation publique du processus d’arc électrique.


Witt décrivit en quoi l’industrie moderne était dépendante des sciences naturelles, et souligna que nombre des ingénieurs norvégiens qui avaient travaillé sur le processus Norsk Hydro avaient étudié à l’institut de Berlin. Il ne mentionna pas son propre rôle en tant que consultant pendant plusieurs années.

Quelques jours après la création officielle de l’entreprise, Birkeland et Eyde participèrent à une réunion de la société des sciences à Christiania. La conférence qu’ils donnèrent fit longtemps référence et fut également publiée dans son intégralité à plusieurs reprises.


Cette époque constitue l’une des périodes de gloire de Eyde. Il était fier d’expliquer que les usines de Notodden produisaient désormais de l’acide nitrique, du nitrate de calcium et du nitrite. « Le nitrate de calcium qui n’a jamais fait l’objet d’une commercialisation jusqu’alors peut être utilisé dans l’industrie mais également sous forme de salpêtre du Chili. Des tests réalisés dans différentes écoles agricoles, notamment le Aas Agricultural College sous la houlette de son directeur M. Sidelien, ont montré que le nitrate de calcium est aussi bon que le salpêtre naturel, voire meilleur sur sol sableux. »
Des chutes d’eau allaient être exploitées et des usines construites. D’énormes sommes d’argent allaient être investies. Mais il n’y avait pas matière à s’inquiéter car cette nouvelle industrie commercialiserait ses produits non seulement sur le territoire national mais également dans le monde entier, selon Eyde.

Les projets d’une telle envergure n’étaient pas légion en Norvège à l’époque, leur mise en pratique étant difficilement réalisable. Il ne s’agissait pas seulement de bâtir une nouvelle industrie, mais également deux nouvelles villes. L’investissement – 60-80 millions de couronnes norvégiennes (8-10 millions d’euros au cours de 2003) – représentait une somme astronomique pour l’époque, équivalant au capital combiné des 85 banques de la nation en 1905.

Cette date du 2 décembre est célébrée chaque année au sein de la société comme « l’anniversaire d’Hydro ».

Retour haut de page