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En norvégien, Yara signifie une bonne récolte et une bonne année

La réussite norvégienne

En 1905, la Norvège, alors l’un des pays les plus pauvres d’Europe, acquiert son indépendance en se séparant de la Suède, entendant prouver sa légitimité au monde entier.

Le roi Haakon arrive en Norvège avec le prince Olav dans ses bras et est accueilli par le premier ministre Christian Michelsen.

Le pays est alors avide de renouveau ; il cherche un nouvel élan mais également des signes présageant de jours meilleurs. Les travaux visant à la création d’Hydro avaient débuté depuis près de deux ans et demi. Le fait qu’Hydro ait été fondée la semaine suivant le couronnement du Prince danois Carl en tant que Roi de Norvège (Haakon VI) aurait pu relever de la simple coïncidence, mais le rapport entre Hydro et la nouvelle nation a depuis été souligné à maintes reprises.


Hydro est devenu un important employeur et a permis le développement de régions où le temps semblait s’être arrêté. « Notodden est l’une des rares régions de Norvège où l’on peut ressentir que le pays se développe et est entré dans l’ère industrielle à l’instar d’autres grandes nations du monde. Et encore, le développement à Notodden n’est rien par rapport aux usines qui seront construites aux alentours de Rjukan », selon le quotidien norvégien Aftenposten dans son édition du 9 juin 2009. Cela prouve combien l’esprit qui régnait à l’époque et la foi en l’avenir étaient liés à Hydro.


« Norsk Hydro était un véritable symbole et prouvait que la Norvège disposait des ressources nécessaires pour s’engager par elle-même sur la voie de l’industrialisation. La société employa nombre des scientifiques et ingénieurs les plus éminents du pays. Toute une génération d’ingénieurs peut être associée au succès du four à arc électrique de Birkeland et Eyde », écrit Ketil Gjølme Andersen dans son livre « Et forsøk verdt » (Worth a try) (1997).

Le charbon blanc
L’énergie hydroélectrique était le « charbon blanc » de la Norvège mais avait jusqu’au début du siècle été peu exploitée à des fins industrielles. La valeur qu’elle représentait n’avait donc pas été pleinement reconnue. Hydro eut accès à l’énergie hydroélectrique par le biais d’acquisitions et de participations dans différentes sociétés. Néanmoins, à l’époque, Eyde fut largement critiqué pour avoir investi les actifs du pays à l’étranger. Cette critique, parfois acerbe, contribua à la promulgation d’une nouvelle législation sur les concessions, qui définissait une limite temporelle à l’exploitation des ressources en eau.


« Eyde attisa bon nombre de jalousies et dut essuyer diverses ruades. Mais un jour il décida que ces ruades devaient cesser et acquit 400 000 chevaux en guise de riposte » : déclaration de J.O. Bryn, maire de la municipalité de Tinn dans le sud de la Norvège lors de la cérémonie inaugurale de la statue de Eyde à Rjukan le 17 octobre 1920.


L’énergie hydroélectrique est une ressource renouvelable. Elle a fourni à Hydro un avantage concurrentiel tout au long du XXè siècle et continue de jouer un rôle majeur aujourd’hui.

De l’engrais issu de l’air ou l’inventivité norvégienne
L’engrais minéral, le premier produit d’Hydro et le plus important, attira l’attention du reste du monde mais surtout permit aux agriculteurs d’augmenter leurs rendements et de renouer avec l’optimisme, non seulement en Norvège mais dans de nombreux autres pays.


Dès août 1906, l’Aftenposten mentionnait que les produits issus des usines d’acide nitrique de Notodden avaient fortement attiré l’attention lors du salon agricole de Odense au Danemark : « les agriculteurs danois ont immédiatement su que c’était un grand jour pour l’agriculture danoise. Les visiteurs royaux passèrent également un moment sur le stand « La petite Norvège » et exprimèrent leur admiration pour cette géniale invention. »


Il était évidemment nécessaire de donner confiance dans ces nouveaux produits, ce fut très vite chose faite : le nitrate de calcium produit dans les usines de Notodden est appelé « nitrate de Norvège » en Allemagne pour le distinguer des autres types de nitrate de calcium, qui contiennent différents degrés d’impuretés et pour certains même un contenu nocif. Le nitrate norvégien est plébiscité unanimement par les périodiques allemands, rapporte un journal local dans son édition du 8 janvier 1908.


« Le conseiller en culture de l’association des agriculteurs a analysé le produit et indiqué qu'il contenait 11,795 % d’azote, dont 11,649 % sous forme d’acide nitrique. En outre, le conseiller mentionne que l’étude a donné des résultats très favorables », rapporte un journal local le 8 août 1905.

Nutrition assurée !
Grâce à cette expérience, la nutrition azotée des plantes et donc des êtres humains et des animaux est assurée pour toujours. Il n’est aucun progrès que l’agriculture ne puisse faire tant que les ressources en acide phosphorique, en potassium et en azote sont suffisantes. Le scientifique français Grandeau déclare à ce propos dans Le temps du 6 janvier 1906 :


« Des échantillons de produits ont été mis à la disposition de plusieurs agriculteurs du pays. L’engrais a été utilisé dans des prairies et des champs ; les résultats ont dépassé les prévisions les plus optimistes. Si cet engrais peut maintenant être produit à un coût suffisamment bas, l’entreprise permettra à notre agriculture de réaliser d’immenses progrès et d’exploiter beaucoup plus facilement de nouvelles terres », rapporte l’Aftenposten le 20 juillet 1905.

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